Fútbol y prostitución

February 25, 2006

Le Monde afirma que Berlín será, durante el Mundial 2006, la capital internacional del fútbol y la prostitución.

Por su parte, la BBC subraya el rompecabezas de los ministros europeos de interior y justicia, intentando armonizar, al mismo tiempo, las muy distintas legislaciones en materia de prostitución y el problema concreto que planteará la llegada masiva de prostitutas de Alemania, con motivo del Mundial.

A los prostíbulos más grandes de Europa se sumará una “marea” imprevisible de jóvenes de muy distintos sexos atraídos por el dinero fácil, la corrupción y el tráfico organizado de seres humanos.

En Alemania, la prostitución está legalizada y las prostitutas son “trabajadoras del sexo”. Algunos eurodiputados y organizaciones feministas anuncian acciones contra la “masificación” del sexo tarifado.

Estados, sindicatos, instituciones, tienen un arco iris de sensibilidades tan distintas como de dificil “armonización”.

Le Monde:
25.02.06 | 12h34 • Mis à jour le 25.02.06 | 13h04

Berlin, capitale du foot et des prostituées

L’endroit s’appelle Artemis, du nom d’une déesse grecque ayant fait voeu de chasteté et de virginité. Deux vertus qu’il est toutefois inutile de chercher dans ce gigantesque temple érotique, conçu pour accueillir cent prostituées et six fois plus de clients. sur quatre étages et 3 000 m2, il s’agirait de la “plus grande maison close d’Europe”. Posée en bordure de périphérique derrière les locaux d’un marchand de pneus, elle est située aussi à trois stations de S-Bahn du Stade olympique de Berlin. Hasard ou non ?

Les concepteurs d’Artemis se défendent de l’avoir créée en vue de la Coupe du monde de football, qui se déroulera du 9 juin au 9 juillet en Allemagne. Il est vrai que le lieu a ouvert ses portes il y a déjà cinq mois et qu’il continuera de fonctionner après le départ des supporteurs. Artemis devrait néanmoins tourner à plein régime les jours de match, comme plusieurs structures consacrées à la prostitution récemment ouvertes en Allemagne.

Cette 18e Coupe du monde de football battra-t-elle tous les records en matière de racolage ? L’Allemagne, qui a légalisé la prostitution en 2002, a de bonnes raisons de se le demander. Le “plus vieux métier du monde” est ici une profession comme une autre. Les maisons closes ont pignon sur rue, les souteneurs sont assimilés à des gérants et les prostituées, appelées ici “travailleuses du sexe”, cotisent comme tout un chacun.

EURODÉPUTÉES MOBILISÉES

Leur nombre reste incertain. “Le précédent gouvernement a parlé de 400 000 prostituées. Mais il est difficile d’avoir une évaluation précise, la prostitution restant une activité en marge”, indique la sociologue Emilija Mitrovic, qui a travaillé sur le sujet à l’université de Hambourg.

Quel que soit leur nombre, suffiront-elles pour satisfaire la demande pendant le Mondial, où 3 millions de spectateurs – principalement masculins – sont attendus ? Une partie des milieux féministes allemands craint de voir arriver un afflux de femmes “importées” contre leur gré d’Europe de l’Est. Une rumeur s’est répandue, voilà plusieurs mois : 40 000 femmes recrutées par des réseaux de proxénétisme s’apprêteraient à franchir la frontière.

Aucune autorité compétente ne confirme cette estimation. Elle est même vivement rejetée par certaines responsables féministes, comme Nivedita Prasad, la coordinatrice de Ban Ying, une association d’aide aux prostituées originaires d’Asie : “Pour importer une femme, il faut des infrastructures et de l’argent. L’investissement est trop important pour un événement qui ne va durer que quatre semaines. D’autant plus qu’il y aura des policiers partout.”

Si les rumeurs sont monnaie courante avant les grands rendez-vous sportifs (en 2004, plusieurs associations avaient redouté la venue de 20 000 prostituées supplémentaires pour les Jeux olympiques d’Athènes), établir un lien entre les compétitions internationales et le trafic humain n’est probablement pas une vue de l’esprit.

Pour Interpol, il s’agit là d’un “fait avéré”. “Au moment des grands événements sportifs, les réseaux de prostitution mettent en place des structures spécifiques”, dit-on à l’organisation internationale de la police. Interpol indique avoir “eu des échos d’une recrudescence de la prostitution” pendant la Coupe des confédérations 2005 (répétition à échelle réduite du Mondial), mais sans préciser le caractère délictuel de cette prostitution. “Il est très difficile de faire la part entre la prostitution légale et la prostitution illégale”, précise-t-on à Berlin, au siège de la BKA, l’Office fédéral de la police criminelle.

Les autorités policières ne sont en tout cas pas les seules à faire un rapprochement entre sport et traite des femmes. Début février, les onze eurodéputées de la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres ont déposé une motion pour que le Parlement européen adopte une résolution sur “la prostitution forcée dans le cadre des événements sportifs mondiaux” lors de sa prochaine session (13-16 mars). Ces élues demandent à la Commission et aux Etats membres de “lancer une large campagne européenne pendant les événements sportifs internationaux pour informer et éduquer le public en général, les sportifs et les supporteurs en particulier,sur la problématique de la prostitution forcée et du trafic, mais surtout pour limiter la demande en sensibilisant les clients potentiels.” Un séminaire sur le sujet sera organisé à Bruxelles, le 8 mars, pour la Journée internationale de la femme.

Les organisations féministes ne sont pas en reste. L’une d’elles, la Coalition internationale contre la traite des femmes, fait circuler une pétition sur Internet pour demander, notamment, aux 32 équipes participant au Mondial de rendre “publique leur opposition à l’exploitation sexuelle des femmes”. Obtenir le soutien du monde du football est aussi l’objectif du Conseil national allemand des femmes. Ce lobby féministe a demandé à l’équipe d’Allemagne de parrainer sa campagne intitulée “Carton rouge à la prostitution forcée”. Las ! Un seul joueur a répondu favorablement (le gardien de but remplaçant Jens Lehmann, qui s’est, depuis, rétracté).

“SOYEZ POLI…”

De son côté, la Fédération allemande de football (DFB) a expliqué qu’elle croulait sous les sollicitations d’associations de bienfaisance. A ce jour, une seule organisation féministe – “Le droit de la femme est un droit de l’homme (FIM)” – a réussi à enrôler un footballeur pour parrainer son action, mais il s’agit d’un international allemand des années 1960, Siggi Held. Quant à la Fédération internationale de football (FIFA), à part assurer “qu’il n’y aura pas de prostitution dans et autour des stades”, elle se garde bien de se mêler au débat.

L’indifférence du football professionnel n’entravera pas le lancement de nombreuses initiatives pendant le Mondial : hot lines multilingues pour victimes de trafic, refuges d’accueil, conseils aux clients pour reconnaître les prostituées “illégales”“Nous cherchons également un moyen pour faire de l’information dans les pays d’origine des femmes, où certaines se verront proposer des boulots dans des bars ou dans des restaurants pour la Coupe du monde. Il faut pouvoir leur dire qu’elles courent le risque d’être prises dans des filières de prostitution”, indique Soeur Léa Ackermann, la fondatrice de l’association Solwodi (Solidarité pour les femmes en détresse).

Légale ou illégale, forcée ou librement consentie, la prostitution sera bien au coeur des préoccupations des villes organisatrices. La municipalité de Berlin prévoit de distribuer 100 000 préservatifs et d’imprimer un tract en anglais où figureront dix règles de bonne conduite pour les supporteurs souhaitant passer un moment avec une prostituée (“1. Soyez poli et respectueux. 2. Assurez-vous que votre corps est propre. 3. Ne buvez pas trop…”).

Quant aux maisons closes, toutes ne partagent pas l’idée que la Coupe du monde sera synonyme de bonnes affaires. “Les fans de football sont souvent saouls, s’inquiète Felicitas Weigmann, la patronne du Café Pssst, un petit bordel à l’ancienne de Berlin, qui est à l’origine du débat sur la prostitution légale. Mes clients réguliers sont plus importants que des supporteurs ivres qui ne viendraient qu’une fois.”

Frédéric Potet (à Berlin) et Stéphane Mandard

Article paru dans l’édition du 26.02.06

2 Responses to “Fútbol y prostitución”


  1. […] Mi vecina rue de Seine -Marie Laure de Souza, Galerie d’Art, Paris-Berlin-New York-, me invita al último de sus vernissages, donde muestra la obra “última” de una de sus pupilas, una joven alta y desgarbada, rubia ultra oxigenada, que me presenta sus “joyas”: guijarros que ella ha cogido “personalmente” en la playa de Deauville, y ha pintarrajeado de colorines chillones. “A tres mil euros la pieza, lo tengo todo vendido”, me asegura Marie Laure. La creo. Con el correo de la mañana, me llega la invitación para una venta pública destacada a toda página por Le Monde, la semana que viene. Rémi Ader y David Nordmann subastan “bolas de nieve”, entre otras chucherías. Tirando papeles, encuentro una portada del New Yorker (15 julio 95) que me parece la mejor ilustración de la caída en curso en el oscuro pozo sin fondo de la nadería insignificante; y decido utilizarla para ilustrar esta entrada. Sotheby’s venderá muy pronto “joyas” de bakelita, numeradas en Disneylandia: “bolas de nieve” donde King Kong conquetea con la Victoria de Samotracia. Adorno y Broch denunciaron muy pronto los horrores de kitsch: sospecho un abismo mucho más negro, vacío, desalmado e insondable. [ .. ] Európolis. Futbol y prostitución […]


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